Association de solidarité internationale, Charleval-Andelle-Massili s'investit depuis octobre 1997 dans le développement économique, sanitaire et scolaire du petit village rural du Burkina faso, du nom de Kinsi.

mardi 18 septembre 2012

Lundi : arrêt à Dapélogo

Comme chaque année, l'objectif de la première visite au village est clair : prendre des nouvelles des villageois, s'assurer que tout va bien dans le village, puis discuter longuement des projets qui vont être mis en place au cours de la mission.
Et cette année, apparemment tout va très bien !
Je vais donc essayer de reprendre point par point l'essentiel des discussions, et des besoins exprimés par les villageois au cours de cette journée. Cela va être difficile de ne rien oublier, car nous avons appris beaucoup de choses.
Pour cette raison je vais essayer de vous raconter cela dans l'ordre chronologique de la journée.


Dapélogo
Comme toujours, nous nous sommes arrêtés à Dapélogo, pour aller à la Mairie saluer les élus municipaux. Nous avons été reçus par la secrétaire générale (le maire étant absent). Nouvelle à ce poste, nous lui avons présenté l'association, les principaux projets que nous avons monté et surtout évoqué avec elle le projet de farine Bamisa, et notre souhait d'évoquer l'avenir et les bienfaits de ce projet d'éducation nutritionnelle au cours d'une réunion avec le maire et un responsable du dispensaire.
Puis nous nous sommes rendus au dispensaire ; nous avons pu prendre le temps de discuter avec l'infirmier de projet de farine, et nous pensions développer tout doucement le projet au dispensaire cette année. Mais e réalité il nous a appris qu'il était au courant, et que le produit rencontrait un grand succès. En effet, les femmes de Kinsi ont apporté et vendu des sachets de farine au dispensaire. Et le succès est tel que le dispensaire est en rupture de stock, et il faudrait le réapprovisionner. En effet, chaque jour des femmes passent au dispensaire et veulent en acheter. C'est donc une très bonne nouvelle pour l'atelier de fabrication, car cela signifie que la demande existe !!!

L'infirmier nous a par ailleurs montré que la table à accoucher avait enfin été placée dans la bonne salle (il a fallu demander à un forgeron de couper, puis de ressouder les pieds de la table, car elle ne passait pas par la porte). Il nous a dit également qu'une ONG spécialisée dans la gestion du planning familial intervient désormais régulièrement au dispensaire pour proposer des modes de contraception, définitives (ligature des trompes) ou temporaires (implants, ...). Et depuis le nombre global d'accouchements a considérablement baissé, ce qui permet une meilleure prise en charge des femmes enceintes, au même titre que la prise en charge d'une grande partie des frais médicaux par l'Etat.
Puis, l'infirmier nous a également expliqué que plusieurs communes, dont celle de Dapélogo, développent actuellement avec cette ONG une forme de "mutuelle de santé" permettant encore de réduire les frais.  Le principe est simple : la commune verse 1100FCFA par femme, chaque femme verse également 1100FCFA. Tout l'argent collecté est mutualisé, et permet de financer tout ou partie des frais de santé d'une femme ayant cotisé et nécessitant une prise en charge médicale coûteuse.

Enfin, l'infirmier nous a dit qu'il était prévu de mettre en place un espace extérieur destiné à l'accueil, à la pesée et au suivi sanitaire des enfants. Mais lui-même avoue qu'il a du mal à convaincre les femmes d'amener leurs enfants leurs enfants de plus de 18 mois à la pesée. Or, c'est justement à cet âge que les risques de malnutrition sont les plus élevés.
C'est alors que j'ai évoqué avec lui l'éventualité de la mise en oeuvre du "maquis bébé" (distribution quotidienne de bouillie à base de farine Bamisa, animée par des femmes dont le rôle est de faire de l'éducation nutritionnelle). Un maquis bébé attirera nécessairement les femmes, et donc leurs enfants, de tous âges. Le suivi sanitaire sera donc plus simple à mener, et il sera plus simple de détecter, et donc de prendre en charge des enfants malnutris.

C'est enthousiasmé par ces bonnes nouvelles que nous avons alors repris la route pour aller au village.

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