Association de solidarité internationale, Charleval-Andelle-Massili s'investit depuis octobre 1997 dans le développement économique, sanitaire et scolaire du petit village rural du Burkina faso, du nom de Kinsi.

Le projet Bamisa


Petit historique du projet d'implantation d'un "Groupement de Fabrication communautaire" de Farine Bamisa

Eté 2008
Les deux bénévoles en charge de la mission, Camille et Amandine, évoquent, à leur retour, ce projet des femmes : bénéficier de la formation à la fabrication de farine Misola (« Mil, Soja, Arachides »).
Elles se sont renseigné sur place et ont découvert que la Farine Misola est la base d’une bouillie infantile inventée par un médecin Haut-Normand, le Docteur Laurent. Cette bouillie, développée à partir de céréales locales, et des pratiques de fabrication habituelles des populations, est destinée à prévenir, voire lutter contre la malnutrition des enfants de 6 à 24 mois.

Ce projet, qui répondait pleinement à l’un de nos axes prioritaires d’action, à savoir l’aide sanitaire, est donc devenu prioritaire pour la mission suivante.

Eté 2009
Tout au long de l’année, Sarah, porteuse du projet, a pris contact avec le Docteur Laurent, et, surtout, avec les responsables de l’ABUM (Association Burkinabè des Unités Misola) afin d’organiser la mise en place d’une formation pour plusieurs femmes du village.

Les contacts, très positifs, ont débouché sur la signature, au cours de la mission de 2009, d’un contrat de formation par l’ABUM, pour trois femmes lettrées, deux femmes du village de kinsi et une femme du village de Goden. Cette formation de 15 jours devait à la fois porter sur la santé des enfants, l’hygiène, et l’apprentissage de la fabrication de la farine, ainsi que la préparation de la bouillie.
Cette mission fut aussi l’occasion de financer le matériel de base nécessaire à la fabrication et au stockage de la farine et des divers ingrédients, ainsi qu’un sac de 50 kg de sucre et 50 kg de sel (compléments nécessaires de la farine).

La formation devait avoir lieu en décembre 2009, après les récoltes, afin de pouvoir acheter un stock de graines de soja.

Mais au final, la formation a été repoussée régulièrement tout au long de l’année 2010, et n’avait toujours pas eu lieu lors de la mission suivante.

Octobre 2010
Passablement énervé par cette situation qui traînait, Eric a décidé de se rendre sur place pour obtenir des explications.
Après de nombreuses tractations et diverses (mauvaises) surprises (changement dans le programme de la formation, dans sa durée, …) nous avons quand même pu obtenir sa mise en œuvre avant le retour en France de Sarah en décembre 2010. Mais il aura fallu recourir à des menaces de saisie des autorités judiciaires.

La formation a donc bien eu lieu, mais Sarah a découvert que la recette originelle de la farine avait été changée, notamment par l’introduction de « CMV » (compléments minéraux vitaminiques) et d’amylases industrielles, dont il a fallu acheter un stock à prix d’or auprès de l’ABUM.
Cela nous a semblé étrange, dans la mesure où l’objectif initial de ce projet était de favoriser l’indépendance totale des populations, sur le plan sanitaire.

Année 2011

Pour cette raison, et parce que nous avions beaucoup de critiques à faire sur le comportement des responsables de l’ABUM, Sarah et moi avons repris contact avec le Docteur Laurent, pour obtenir des explications.
Et en Mars 2011 nous l’avons rencontré. C’est au cours de cette discussion qu’il nous a expliqué qu’en fait en 2010 la Marque Misola, avec l’appui de l’ABUM et de « Misola France », a été rachetée par une entreprise agro-alimentaire, Nutriset. Cette entreprise a totalement détourné le projet originel du Docteur Laurent (un projet à vocation sociale, d’éducation nutritionnelle, capable de fournir aux jeunes enfants une nourriture riche, facile à produire à faible coût au sein de petites unités de fabrication) pour en faire un projet destiné à devenir une source de revenus. La recette de la farine a ainsi été changée (plus de sucre, et surtout ajout d’amylases industrielles induisant une dépendance financière vis-à-vis de Nutriset, qui détient le monopole de la vente de ces compléments industriels).

Face à cela, Le Docteur Laurent, qui s’est vigoureusement opposé à ce changement d’approche, a été exclu du conseil d’administration de Misola France.

Il a donc décidé de monter un nouveau projet, « BAMISA » (Bouillie Amylasée Mil Soja Arachides), puisqu’il n’est pas détenteur de la Marque Misola (propriété de Nutriset désormais). http://www.bamisagora.org

Le Projet BAMiSA est un projet de Santé Publique qui a pour objectif de contribuer à la lutte contre la malnutrition des enfants et des adultes  dans les pays tropicaux, en particulier africains, en lien avec les structures de santé des pays.
Le Projet BAMiSA a pour ambition de promouvoir l'incorporation d'amylases aux bouillies à base de céréales, ceci afin d'en permettre la liquéfaction et éviter ainsi leur dilution à l'eau. Ce procédé de liquéfaction des bouillies par adjonction d'amylase à la bouillie épaisse et chaude permet d'atteindre, sans difficultés et sans dépendances extérieures, les recommandations de l'OMS : densité énergétique de l'ordre de 120 Kcal et faible viscosité (vitesse d'écoulement de 120 mm / 30s).
Dans un souci d'Education Nutritionnelle, l'usage d'amylases locales, en particulier de malt de céréale germée, est au centre du Projet BAMISA.
Le projet BAMiSA se concrétise par la fabrication d’une farine composée (céréale / légumineuses grasses) et de malt, conçues pour préparer des bouillies amylasées de haute valeur protéino-énergétique. La farine BAMiSA entre dans la catégorie des farines diététiques dites « aliments de complément à l’allaitement maternel destinés à la prise en charge thérapeutique et préventive de la malnutrition infantile ». La farine BAMISA se compose de produits cultivés localement (mil ou maïs, soja et arachide). Elle est fabriquée selon des procédés artisanaux.
Le projet BAMiSA s’appuie sur un réseau d’associations féminines locales qui développent des activités génératrices de revenus.

Par ailleurs, le Docteur Laurent nous a appris que le centre de formation où les trois femmes ont appris à préparer la bouillie, à Ziniaré (35 km du village), n’était pas en fait le centre de formation officiel Misola (basé à Fada N’Gourma, sous la direction de Mme Simone Soubeiga), et que le prix qui nous a été demandé était trois fois supérieur à la somme nécessaire en principe (sans parler du fait que nous avons dû payer, en plus, des frais de logement et de nourriture).

Pour toutes ces raisons, et surtout parce que le Docteur Laurent nous a convaincu de repartir sur des bases saines dans le cadre de SON projet (BAMISA), nous avons convenu avec lui de financer, en 2011, une formation BAMISA (elle aussi délivrée par Mme Simone Soubeiga à Fada N’Gourma) destinée à rectifier ce que les trois femmes ont appris, et cela pour un coût nettement moindre, d’autant plus que le logement et la nourriture des femmes sera assuré directement sur place par le centre de formation.

LA MISSION 2011 :

Le cœur de la mission de cette année sera donc la rencontre avec Simone Soubeiga, la formatrice « officielle », avec qui nous pourrons sérieusement discuter de la mise en œuvre effective de cette activité de fabrication communautaire de farine Bamisa, du matériel nécessaire à cette mise en œuvre, et surtout de l’avenir, avec la mise en place progressive de « maquis bébé », c'est-à-dire la distribution quotidienne de bouillie Bamisa à un groupe d’enfants, dont la santé est ainsi régulièrement suivie, distribution qui est aussi l’occasion pour les mères d’apprendre à préparer elles-mêmes la bouillie à partir de la farine Bamisa.

Les trois femmes bénéficiant de la formation vont donc devenir, à terme, elles mêmes des formatrices, pour diffuser leurs connaissances auprès des autres femmes. Elles « travailleront » en partenariat avec le dispensaire, qui disposera ainsi de relais dans les villages pour détecter précocement les cas de malnutrition infantile afin de les traiter rapidement.
La participation aux frais demandée aux mères lors des distributions de bouillie sera symbolique (10 FCFA), mais essentielle afin de les responsabiliser ; cependant la majeure partie des frais de cet atelier devrait pouvoir être prise en charge directement par les femmes grâce à l’argent issu de la vente du beurre de karité et reversé sur le compte épargne des femmes de Kinsi, quitte à ce que l’on augmente la part qui est reversée.
Il s’agira avant tout de financer des stocks de sucre et de sel, parfois de soja (tant que la culture n’a pas été lancée dans le village), éventuellement quelques bassines supplémentaires, mais surtout des produits d’hygiène (savon, eau de javel, gants, blouses, …) destinés à garantir une hygiène minimale des instruments employés, des locaux de travail, et surtout destinés à garantir la qualité nutritionnelle de la farine.
Enfin, les trois femmes responsables de cet atelier, et, à terme, de la mise en place de maquis bébé, pourront bénéficier d’un dédommagement financier pour les déplacements occasionnés par leurs interventions dans différents villages.

De son côté, le Docteur Laurent, qui, depuis 15 ans est soutenu par le Conseil Général de Seine Maritime dans son projet, propose d’analyser régulièrement des échantillons de farine produite dans le village afin d’en vérifier la qualité nutritionnelle.

Les projets « secondaires » :
      comme chaque année, le financement d’un stock minimal de fournitures scolaires pour l’école, destiné à permettre d’attendre la livraison des fournitures de l’état.
      Suite à une demande formulée par le directeur de l’école en 2010, nous allons aussi financer du mobilier métallique destiné à abriter les fournitures et les manuels scolaires de la voracité des termites.
    Le don, à la maternité du dispensaire de Dapélogo, de lots de vêtements de bébé et autres accessoires de puériculture (biberons). Ce sera l’occasion de présenter le projet Bamisa aux responsables du dispensaire, et de leur proposer de s’y associer.
      Achat d’artisanat
      Récupération du beurre de karité auprès des femmes du village
      Nous assurer que l’atelier « couture » pour lequel nous avons financé une machine à coudre l’année dernière a réellement vu le jour, et que le bâtiment destiné à abriter l’atelier Bamisa a bien été renforcé et réparé.
     Préparer les projets des années suivantes avec les villageois. 
      Visite d’un centre de formation repéré en 2010, le CEAS Albert Schweitzer, pour avoir plus d’informations sur les modalités de mise en œuvre et le coût des formations qu’ils proposent, notamment pour les maraîchers.


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